Réseaux d’approvisionnement en eau : attention à la légionelle

13 septembre 2021
Légionellose

Les circuits d’eau sont le milieu favori de la légionelle, une bactérie à l’origine d’une maladie infectieuse très virulente, la légionellose. Elle se développe aussi bien dans les récipients que dans les circuits d’approvisionnement.

Quelles sont les installations à surveiller ? Comment faire en sorte qu’elle ne se développe pas ? Quels sont les risques encourus si vous la laissez proliférer ?

Réseaux d’approvisionnement : les installations les plus touchées

La Legionella pneumophila se développe dans une eau dont la température est comprise entre 25 °C et 42 °C. En milieu artificiel, elle colonise les eaux sanitaires et celles des systèmes de réfrigération.

Outre la température, les facteurs de prolifération sont les suivants : stagnation des eaux, présence d’un biofilm, dépôts de tartre ou corrosion.

Circuits d’eau chaude sanitaire

Les canalisations qui alimentent les points d’eau (douche, évier, lavabos) sont une source de contamination. Il y a plusieurs raisons à cela, notamment si la distance entre le point de chauffage et l’arrivée d’eau est supérieure à 10 mètres.

Climatisation, tours aéroréfrigérantes

Les installations de climatisation et chauffage sont propices au développement de la légionelle à cause du contact air/eau nécessaire à leur fonctionnement.

En 2003-2004, une épidémie de grande ampleur a eu lieu dans les Hauts-de-France (anciennement Nord–Pas-de-Calais) : 86 cas déclarés en un peu plus de 2 mois. La principale cause était la dispersion de gouttelettes depuis les systèmes de refroidissements de plusieurs entreprises.

Allez lire l’enquête épidémiologique pour en savoir plus.

Installation de thermalisme/balnéothérapie

Tous les systèmes qui pulvérisent de l’eau chaude peuvent propager le microbe. Aux Pays-Bas et en Belgique, les bains à remous ont été à l’origine respectivement de 124 cas (mars 1999) et 93 cas (décembre 1999).

Surveillance de la légionelle : les principes de prévention

L’Arrêté du 1er février 2010 stipule que « La prévention des risques sanitaires liés aux légionelles dans les réseaux d’eau chaude sanitaire (ECS) doit être une préoccupation constante des établissements recevant du public (ERP) ».

La gestion du risque est très compliquée : le développement du microbe dépend certes de l’environnement qui le favorise, mais aussi de la spécificité de l’établissement qui abrite le réseau.

Par exemple, dans les spas et les piscines récréatives, le niveau de prolifération ne sera pas le même, car la fréquentation est différente.

Aspect technique de la prévention

Le meilleur levier pour limiter l’émergence de la bactérie est de contrôler la température de l’eau.

Dans un document sur les risques liés à la légionelle, le Conseil Supérieur d’hygiène publique de France donne un certain nombre de directives quant à la conception des réseaux d’approvisionnement.

Par exemple, pour les systèmes de production d’eau chaude sanitaire, la température dans le ballon et dans le système de distribution doit être supérieure à 50 °C.

Parmi les installations qui doivent être surveillées, il y a les canalisations, les ballons d’eau chaude, mais aussi les points de contact eau/air. La surveillance dépend du réseau et de l’établissement qui l’abrite.

La légionelle se développe dans tous les systèmes contenant de l’eau stagnante ou en passe d’être pulvérisée : climatisation, réseau sanitaire, piscines… Pour limiter les risques de développement, il faut inspecter tous les composants de l’installation et contrôler la température. La bactérie est transmissible à l’homme et la maladie qui en résulte est potentiellement mortelle : faites faire un diagnostic par une entreprise agréée.

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